Archive pour 8 septembre, 2010

REFORME DES RETRAITES, PENIBILITE.

Tout le monde sait que, quoiqu’il arrive, la réforme des retraites, contrairement à la guerre de Troie, aura bien lieu.

Les syndicalistes et les responsables des différentes catégories socio-professionnelles s’engouffrent donc dans la seule porte laissée ouverte par le gouvernement: la notion de « pénibilité ». Un truc auquel les mineurs qui ont fait 2 mois de grève en 1948 n’auraient jamais pensé alors qu’ils crevaient de la silicose aux environs de la cinquantaine.

Ce sidi, Il est normal qu’au pays de Descartes, les intellos des deux bords applaudissent à la naissance d’un nouveau concept qui permettra aux politiques, syndicalistes, analystes politiques, et présentateurs télé d’avoir du grain à moudre pendant au moins deux semaines.

Cessons de moquer un concept aussi novateur et important que « la pénibilité », car il recouvre une réalité terrible qui touche la quasi-totalité de nos concitoyens. Un concept étant par nature difficile à expliquer et sujet à interprétation, mieux vaut prendre quelques exemples concrets. La « pénibilité », en 2010 c’est ça:

- S’engager dans l’armée pour partir en retraite ou 1/2 retraite plus tôt que le commun des mortels et se faire tuer en Afghanistan par des mines artisanales à l’ére industrielle. Depuis quand les militaires se font-il tuer à la guerre ? 

- Le coût de la crème solaire qui grève sérieusement le budget des agriculteurs céréaliers qui bossent dehors 7 jours/7 et 365 jours par an et qui sont plus exposés au cancer de la peau qu’un mineur de fond chilien. Je dis chilien parce qu’en france, y’a plus de mineurs sauf s’ils ont des rapports sexuels tarifés avec des footballeurs. Chez les cultos,seuls sont priviligiés ceux qui font de l’élevage car il peuvent fabriquer de la crème avec leur lait.

- Les footballeurs qui sont obligés de payer pour baiser, alors que les champions du monde 1998 stockaient les groupies avant de prendre une option sur l’une ou l’autre. « Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? » comme le chante Ribery. Ah bon, c’est pas lui qui chante ça ?

- Les controleurs aériens qui font régulièrement grève à cause de la pénibilité de leur situation. Vous rendez-vous compte que quand on ne bosse que 100 jours par an, ce doit être particulièrement pénible de se demander ce qu’on va bien pouvoir faire pendant les 265 jours qui restent ? Je ne vous parle pas, en plus, du casse-tête lors des années bissextiles.

- Les médecins spécialisés du domaine hospitalier qui se plaignent à juste titre de bosser comme des malades. Imaginez un peu qu’ils font presqu’autant d’heures qu’un généraliste qui pratique en libéral.

- Les psychiatres hospitaliers qui sont obligés d’écouter les conneries débitées par leurs patients tout en sachant qu’il ne pourront rien résoudre. C’est fou, non ?

- Les enseignants qui ne sont plus respectés parce que les parents élèvent mal leurs mômes. Faut croire que les enseignants n’ont pas de progéniture. Pourtant, je suis fils d’enseignants et je peux vous dire que les profs en ont bavé avec moi ainsi qu’avec quelques autres élèves et ce n’était pas en 2010.

- Les flics qui se font tirer dessus. Depuis l’avènement de Sarko, ils ont cru que la règle du jeu « aux gendarmes et aux voleurs » avait changé et qu’ils étaient maintenant les seuls autorisés à flinguer. Pénible retour à la réalité. Il ont oublié que les incorruptibles et la bande d’Al Capone se mitraillaient à tout va et que la guerre des polices sévissait déjà sous la royauté: les mousquetaires du Roi croisait le fer avec les gardes du Cardinal. On en faisait pas tout un plateau télé.

- Les nanas de la poste derrière leur guichet qui sont sans arrêt interrompues par les  »usagés du sévice public » pendant qu’elles parlent de leurs souvenirs de vacances, de leur accouchement, de secret story ou de l’île de la tentation.

- les putes qui depuis la fermeture des maisons closes sont obligées d’arpenter le trottoir, et qui sont au chômage technique les jours de manifs car les trottoirs sont occupés par les manifestants. On leur ôte carrément le pain de fesse de la bouche.

- Les matons qui ont l’habitude de bosser avec des malfrats et qui sont de plus en plus souvent obligés de gérer l’incarcération d’hommes politiques ou de capitaines d’industrie comme Loïc Le Floch Prigent sans formation préalable. Y’a de quoi demander à un collègue qu’il te pende dans une celulle.

- Les chauffeurs de la SNCF qui passent leur temps à surveiller ce putain de système automatique qui conduit leur TGV. L’informatique, Monsieur, c’est pas fiable. Il y avait moins de stress à l’époque de « la bête humaine », quand on pelletait le charbon et qu’on prenait des escarbilles plein les yeux.

J’en passe et des meilleures, car l’exception française va encore une fois prévaloir.

Non seulement la trentaine de régimes spéciaux ne sera pas concernée par la réforme (Armée, Police, EDF, SNCF, RATP, etc.), mais les professions qui pourront démontrer la pénibilté de leur conditions de travail auront droit à des aménagements.

Réjouissez-vous bonnes gens, UBU n’est pas prêt de mourir. Va falloir lui payer une retraite jusqu’à la fin des temps.

Pourtant, la vérité tient en quelques mots: la « pénibilité », c’est tout simplement d’être obligé de bosser.

  

 

MAGMA INFO |
REVEILLONS-NOUS |
Histoire des fauteuils |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | humain, trop humain!
| ACTUBUZZ BY GBA
| Quoi de neuf Cerise?