Archive pour 15 décembre, 2011

LES PROFS REFUSENT QU’ON LES EVALUE.

Avec l’Éducation Nationale, on n’est jamais déçu. The show goes on toujours sur la même musique quelque soit le siècle.

Ce corps de métier vit en dehors de son époque depuis des décennies et se met systématiquement en grève dès qu’on lui propose un changement (surtout à l’approche des vacances scolaires). Faut pas réveiller le mamouth qui dort.

Cette fois, ils refusent le nouveau système d’évaluation qui donnerait, selon eux, la prééminence au chef d’établissement dans l’appréciation de la qualité de leur prestation. Pourtant, tous les salariés sont évalués d’une façon ou d’une autre. Auraient-ils oublié le 4 août 1789 ?

Motif invoqué par les syndicats, SNES-FSU en tête: le chef d’établissement n’a pas la compétence nécessaire. Ah bon ? Je me propose de démontrer le contraire.

Que les syndicats français soient de mauvaise foi n’a rien d’étonnant, car il y a belle lurette que la défense de leurs adhérents passe après celle de l’étiquette politique qu’ils arborent ostensiblement. Mais il est navrant de constater qu’une partie des enseignants sensés former les générations futures emboîtent le pas à des gens dont le discours à un arrière-goût du Marchais des années 60 (un bon cru).

Préambule: faut savoir que réforme ou pas, tous les profs finissent leur carrière à l’échelon maxi. L’évaluation ne sert qu’à ralentir ou accélérer la progression.

Avant la réforme, un prof était « inspecté » une fois tous les 5 ans, et il peut s’en passer des choses en 5 ans . Le prof était prévenu et informait ses élèves sur le mode: attention, demain nous aurons une inspection. Implicitement: si vous foutez le bordel, vous allez en chier tout le reste de l’année.

Maintenant, on propose aux profs de s’auto-évaluer et d’en parler avec le chef d’établissement. Et merde, encore du boulot en plus !!! Je vais devoir prendre sur mes soirées qui débutent à 16H30 pour discuter une fois tous les trois ans avec mon boss. Toujours le même décalage: dans le privé il y a 3 jours de carence et une évaluation par an avec son boss.

Revenons au chef d’établissement. Il est informé régulièrement par nombreuses sources: son adjoint et le CPE qui côtoient les profs…quand ils sont là, les remontées d’infos des surveillants auxquels les élèves confient leurs sentiments sur les profs, les remontées en provenance des parents d’élèves, le constat in-situ des retards de certains profs en première heure, la propension de certains autres à se comporter en distributeurs automatiques de croix (les cruci-maniaques) ou en  »petits-chefs »…

Je pense qu’avec la somme d’info qu’il reçoit au quotidien, le chef d’établissement dispose de beaucoup plus d’éléments pour se faire une opinion étayée qu’un inspecteur qui vient jeter un rapide coup d’oeil tous les 5 ans.

Quant à ceux qui voudraient me rétorquer qu’un chef d’établissement n’est pas techniquement apte à évaluer un prof de français (par exemple), je leur conseille de lire attentivement le courrier ci-dessous rédigé par une « Inspecteur d’Académie Adjoint »: 

                                                   LES PROFS REFUSENT QU'ON LES EVALUE. dans actualites pdf courrierlombardipasquier21.pdf

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