LES PROFS REFUSENT QU’ON LES EVALUE.

Avec l’Éducation Nationale, on n’est jamais déçu. The show goes on toujours sur la même musique quelque soit le siècle.

Ce corps de métier vit en dehors de son époque depuis des décennies et se met systématiquement en grève dès qu’on lui propose un changement (surtout à l’approche des vacances scolaires). Faut pas réveiller le mamouth qui dort.

Cette fois, ils refusent le nouveau système d’évaluation qui donnerait, selon eux, la prééminence au chef d’établissement dans l’appréciation de la qualité de leur prestation. Pourtant, tous les salariés sont évalués d’une façon ou d’une autre. Auraient-ils oublié le 4 août 1789 ?

Motif invoqué par les syndicats, SNES-FSU en tête: le chef d’établissement n’a pas la compétence nécessaire. Ah bon ? Je me propose de démontrer le contraire.

Que les syndicats français soient de mauvaise foi n’a rien d’étonnant, car il y a belle lurette que la défense de leurs adhérents passe après celle de l’étiquette politique qu’ils arborent ostensiblement. Mais il est navrant de constater qu’une partie des enseignants sensés former les générations futures emboîtent le pas à des gens dont le discours à un arrière-goût du Marchais des années 60 (un bon cru).

Préambule: faut savoir que réforme ou pas, tous les profs finissent leur carrière à l’échelon maxi. L’évaluation ne sert qu’à ralentir ou accélérer la progression.

Avant la réforme, un prof était « inspecté » une fois tous les 5 ans, et il peut s’en passer des choses en 5 ans . Le prof était prévenu et informait ses élèves sur le mode: attention, demain nous aurons une inspection. Implicitement: si vous foutez le bordel, vous allez en chier tout le reste de l’année.

Maintenant, on propose aux profs de s’auto-évaluer et d’en parler avec le chef d’établissement. Et merde, encore du boulot en plus !!! Je vais devoir prendre sur mes soirées qui débutent à 16H30 pour discuter une fois tous les trois ans avec mon boss. Toujours le même décalage: dans le privé il y a 3 jours de carence et une évaluation par an avec son boss.

Revenons au chef d’établissement. Il est informé régulièrement par nombreuses sources: son adjoint et le CPE qui côtoient les profs…quand ils sont là, les remontées d’infos des surveillants auxquels les élèves confient leurs sentiments sur les profs, les remontées en provenance des parents d’élèves, le constat in-situ des retards de certains profs en première heure, la propension de certains autres à se comporter en distributeurs automatiques de croix (les cruci-maniaques) ou en  »petits-chefs »…

Je pense qu’avec la somme d’info qu’il reçoit au quotidien, le chef d’établissement dispose de beaucoup plus d’éléments pour se faire une opinion étayée qu’un inspecteur qui vient jeter un rapide coup d’oeil tous les 5 ans.

Quant à ceux qui voudraient me rétorquer qu’un chef d’établissement n’est pas techniquement apte à évaluer un prof de français (par exemple), je leur conseille de lire attentivement le courrier ci-dessous rédigé par une « Inspecteur d’Académie Adjoint »: 

                                                   LES PROFS REFUSENT QU'ON LES EVALUE. dans actualites pdf courrierlombardipasquier21.pdf

 


3 commentaires

  1. Denis dit :

    Ayant travaillé une bonne quinzaine d’années dans le privé avant d’enseigner, je suis parfaitement conscient, et peiné, du décalage entre les enseignants et le monde réel. Je suis le premier à m’inquiéter de l’absence d’évaluation, de coaching, et de management en général du corps enseignant.

    Cependant, à l’instar de beaucoup, je constate que le chef d’établissement n’est généralement pas compétent pour nous évaluer directement. Ce n’est pas, comme vous semblez le penser, une question de maîtrise de la matière: j’aime croire qu’un directeur d’école a la capacité d’appréhender suffisamment une discipline quelconque pour vérifier si le contenu enseigné « tient la route ».

    C’est plutôt une question de méthode. Dans l’enseignement secondaire, où je travaille, chaque discipline a une didactique propre, une méthodologie de motivation et de construction du cours, des manuels agréés ou non, des directives de l’inspection etc. Le chef d’établissement ne peut connaître tout cela pour chaque discipline.

    Dans le privé, l’évaluation serait pratiquée par un chef de service, qui dirigerait une équipe cohérente, aux disciplines didactiquement comparables, par exemple français + langues, ou maths + sciences. Le résultat de cette évaluation compétente serait transmis à la direction. Pour des raisons que j’imagine budgétaires, cet indispensable « middle management » n’existe pas dans l’enseignement. Pour moi, le problème est là.

  2. Denis dit :

    Ayant travaillé une bonne quinzaine d’années dans le privé avant d’enseigner, je suis parfaitement conscient, et peiné, du décalage entre les enseignants et le monde réel. Je suis le premier à m’inquiéter de l’absence d’évaluation, de coaching, et de management en général du corps enseignant.

    Cependant, à l’instar de beaucoup, je constate que le chef d’établissement n’est généralement pas compétent pour nous évaluer directement. Ce n’est pas, comme vous semblez le penser, une question de maîtrise de la matière: j’aime croire qu’un directeur d’école a la capacité d’appréhender suffisamment une discipline quelconque pour vérifier si le contenu enseigné « tient la route ».

    C’est plutôt une question de méthode. Dans l’enseignement secondaire, où je travaille, chaque discipline a une didactique propre, une méthodologie de motivation et de construction du cours, des manuels agréés ou non, des directives de l’inspection etc. Le chef d’établissement ne peut connaître tout cela pour chaque discipline.

    Dans le privé, l’évaluation serait pratiquée par un chef de service, qui dirigerait une équipe cohérente, aux disciplines didactiquement comparables, par exemple français langues, ou maths sciences. Le résultat de cette évaluation compétente serait transmis à la direction. Pour des raisons que j’imagine budgétaires, cet indispensable « middle management » n’existe pas dans l’enseignement. Pour moi, le problème est là.

  3. Merci pour votre contribution.
    J’insiste quand même car j’ai passé de nombreuses années dans le privé où j’ai dirigé de façon directe et indirecte environ 2000 personnes avec évidemment le relais de ce que vous appelez « middle management ».
    Pas de gloriole, juste une expérience qui me fait dire que:
    - pour évaluer correctement mes collaborateurs, je devais connaître leur vécu quotidien et eux devaient faire de même avec leurs équipes, etc…pyramide à l’envers.
    - pour me faire une idée complète, je me devais de m’informer directement auprès de toutes les personnes concernées. Même en visitant une usine au pas de charge, on apprend des tas de choses.
    C’est, à mon avis, ce que peut faire et ce que fait un chef d’établissement. Comme je l’ai indiqué, il est dans la meilleure position pour recouper tout un tas d’informations de provenances diverses.
    A l’inverse, un inspecteur en balade tous les 5 ans n’aura obligatoirement qu’une vision tronquée des choses et ne pourra analyser que ce que l’enseignant voudra bien lui montrer à un instant « T ».
    En conclusion, un chef d’établissement n’a pas besoin d’être au fait de la didactique, de la méthodologie et de la construction du cours relatifs à une discipline donnée.
    En tant que « manager », il lui suffit d’être capable de jauger (pas juger) les aptitudes des enseignants de son établissement en combinant les infos qu’il reçoit en flux continu avec sa propre appréciation.
    S’il n’en est pas capable, il suffit de le virer (pas de le muter pour qu’il sévisse ailleurs).
    Mais il ne paraît pas utile d’engraisser le mammouth avec des strates supplémentaires.

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